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Comme promis, Pomme de Pin, accueille un nouveau rédacteur. Ou plutôt une nouvelle rédactrice : Nicole, envoyée spéciale permanente (?) au Canada. Vous pouvez retrouver l'article en version originale juste en dessous. Et vous pouvez souhaiter la bienvenue dans les commentaires.  
Paul

Paul m’a demandé d’écrire pour PdP après avoir vu (que dis-je, vécu) un concert de Do Make Say Think et enfin realisé qu’il y avait un truc avec la musique canadienne – quelque chose de plutôt difficile à expliquer, une sorte de son distinctif – une saveur immédiatement reconnaissable. Je ne dis pas ça uniquement parce que c’est de là que je viens : deux fois au cours de mes voyages l’année dernière (pour une raison inconnue, les deux fois dans une librairie), je me suis retrouvé à demander l’origine de morceaux qui sonnaient canadiens… découvrant à cette occasion Bruce Peninsula et Clues (le premier nommé en Italie, le second en Croatie).

Anyway, je vous souhaite la bienvenue sur Feuille d’érable (NDLT : nous attendons vos suggestions pour un meilleur titre), une nouvelle rubrique à parution régulière/irrégulière (NDLT : Si la traduction est prise en compte, je vote pour la deuxième option) sur le son du Grand Nord, fier et fort (j’ai l’impression qu’il faut défendre l’honneur de mon pays après cette ridicule cérémonie d’ouverture des JO…).

L’indie-rock canadien est une grande famille (la blague dit que la population canadienne tout entière fait partie d’un groupe géant) et nous vous invitons, chers lecteurs, à en faire partie. Pas de videur à la porte. Entrez et venez vous réchauffer.

Mon premier billet présente fièrement Southern Souls, récent bijou du web, ni plus ni moins que notre version des Concerts à Emporter de la Blogothèque. Je ne sais pas si je peux vous offrir de meilleure description que celle donnée par le site :
"Southern Souls collects performances of the most prolific active musicians from (mostly) Southern Ontario in out-of-character locales. Every street, park, or city bus is a potential venue. Inspired by La Blogoteque's Take Away Shows, and Just So's Black Cab Sessions- it aims to show that music (and its makers) are everywhere."
Pour vous aider à naviguer parmi la myriade de clips proposés, j’en ai choisi 2 pour le plaisir de vos yeux (et oreilles), en espérant de vous donner envie de plonger plus profondément dans ce que le site a à offrir.




Vous ne trouverez pas plus canadien que ça : neige, chemises à carreaux et musique parfaite. The Elwins sont une bande de jeunes gens polis et adorables, pépiant joyeusement tandis que tournent autour d’eux patineurs et flocons de neige – une sorte de boule à neige indie ou de carte de vœux musicale. Leur son est enjoué et plein d’entrain, comme un single pop des 50’s (le titre Larry Pastorus est accompagné des sifflements réglementaires), à l’image des attachantes harmonies entre Matthew, le chanteur et Heather, invitée pour l’occasion (en temps normal, le groupe se compose uniquement des trois garçons). Il y quelque chose de définitivement rétro dans les mélodies simplistes de The Elwins, me rappellant Voxtrot ou Math and Physics Club, avec une touche de The Shins. Ils viennent de Newmarket, juste à côté de Toronto et ne sont pas encore signés, mais pour ces trois sympathiques garçons, le futur semble aussi joyeux et ensoleillé que leurs chansons.





Spécial dédicace à Paul (et accessoirement l’un de mes clips préférés de Southern Souls) : The Rest est un groupe très important pour moi : non seulement parce qu'ils proviennent de ma ville natale de Hamilton mais aussi parcequ’ils furent mon premier concert. J'ai entendu Innocent Fools et ce fut le coup de foudre. Celle-ci est indubitablement la plus calme de leur répertoire et donc pas forcément représentative (le leader Adam Bentley est surtout connu pour son chant à plein poumons), mais régalez-vous quand même, tout est dans l'atmosphère, l'atmosphère...



À lire aussi : Chronique de The Rest - Everyone All At Once

Paul asked me to write for Pomme de Pin after seeing (nay, experiencing) a Do Make Say Think performance and finally realizing (;)) that there's just something about Canadian music - impossible to explain, but somehow it has a distinct sound all its own, a recognizable flavour. I attest to this not only because I'm from there and biased, but twice during my travels last year (for some reason it always happened in a bookshop) I inquired about what was playing if it sounded Canadian, without knowing the band... and that's how I discovered Bruce Peninsula and Clues (the former in Italy, the latter in Croatia - random!)

Anyway, that was a long-winded welcome/bienvenue à la Feuille d'érable, a new! regular/irregular column featuring the beautiful songs and sounds of the True North strong and free (I may or may not feel the need to salvage my country's dignity after those ridiculous and embarrassing Opening Ceremonies...o_0). Canadian indie is like one big happy family (there's a joke about the population of Canada being in one giant band) and now you, cher lecteurs, can be a part of it. We don't discriminate. Come on in and warm up, eh?

My first post proudly presents Southern Souls, a recently inaugurated gem of a site that is basically our version of La Blogothèque. I don't think I can offer a better description than the one on their website:
"Southern Souls collects performances of the most prolific active musicians from Southern Ontario in out-of-character locales. Every street, park, or city bus is a potential venue. Inspired by La Blogoteque's Take Away Shows, and Just So's Black Cab Sessions- it aims to show that music (and its makers) are everywhere."

Voilà donc. J'ai choisi 2 clips pour le plaisir de vos yeux (et oreilles !), mais il vaut bien quand même découvrir le site vous-mêmes : www.southernsouls.ca




Well, it doesn't get much more Canadian than this: snow, plaid and brilliant music. The Elwins are adorable and polite, chirping away cheerfully as ice skaters and snowflakes swirl around them - this video is like a cute indie snowglobe or some kind of musical holiday card. Their sound is upbeat and bubbly, like a catchy 50's jingle (the track Larry Pastorus is complete with requisite whistling) with endearing harmonies between lead singer Matthew and Heather who makes a guest appearance (the band is normally composed of just the three guys). There's definitely something oldies about The Elwins' simple melodies, they kind of remind me of Voxtrot or Math and Physics Club with a touch of The Shins. Hailing from Newmarket (just outside of Toronto), these friendly folks have yet to be signed but the future is looking as bright and happy as their tunes!






This one is for Paul (it also happens to be my favourite Southern Souls video for the moment). The Rest is an important band for me; not only because they’re from my hometown of Hamilton but they were my first REAL concert; we go way back... At that show, I heard the original EP version of Innocent Fools and something just happened, something clicked and I understood. This one is undoubtedly one of The Rest’s quieter songs and so it’s a bit misleading (frontman Adam Bentley is especially known for really belting it out) but please enjoy the video anyway ; it’s all about the atmosphere…

Les surprises viennent parfois de là où ne les attend plus. Après le succès aussi éclatant qu'inespéré d'Arcade Fire, le monde du rock a fait avec la scène indé canadienne ce qu'il avait fait avec la scène grunge de Seattle dans la foulée du succès de Nirvana dans les années 90. A savoir exhiber n'importe quel nouveau groupe du coin comme "the next big thing". Avec quelques belles découvertes à la clé, mais aussi pas mal de déchet - un certain nombre de groupes dont on n'aurait jamais entendu parler autrement et qui se retrouvait brutalement sur un piédestal à feuille d'érable. Et corollaire de la chose, une certaine méfiance une fois la bulle dégonflée.

La découverte étant venue d'un blog pas franchement porté sur la hype, on ne s'est pas trop méfié. Et The Rest nous a complètement pris par surprise. Coughing Blood/Fresh Mountain donne le ton. Une voix au registre étonnant, très en avant, appuyée, voire portée, par une instrumentation délicate. Cordes, pianos, nappes de guitare. Une voix qui sait se faire délicate et bercer l'auditeur. Avant de déclencher la foudre pour un crescendo imparable. Le genre de truc qui vous donne envie d'aller déplacer une montagne. Comme ça, juste pour voir.

Everyone All At Once ne s'arrête pas en si bon chemin. Modern Time Travel (Necessities) s'ouvre délicatement, sur un petit "houhou" presque incongru. Puis tout s'accélère à nouveau et redevient épique.

Épique. On s'était mis à détester l'adjectif. Après Funeral, ça a été la nouvelle mode. Il fallait faire dans l'épique. Au début, on avait apprécié. Voire franchement adoré. Rebellions (Lies), The Skin of My Yellow Country Teeth, tout ça. Puis ça s'était mis à sonner un peu faux, surfait. Épique allait-il devenir le mélancolique des 00's ? Neighborhood #1 allait-il devenir le Creep du 21 ème siècle ? Sur sa deuxième livraison, même Arcade Fire s'était mis à en faire trop.

Mais ici l'épopée fonctionne à nouveau. Apples & Energies, Walk on Water... chaque montée en puissance transporte, sans que cela ne sonne faux. Sans que le ton ne devienne prédicateur. Même les ballades les plus simples (Drinking Water), résonnent d'une force particulière. Tous les titres d'Everyone All At Once semblent écrits pour être chantés à l'unisson. On s'était juré de ne plus se faire embobiner. Mais la sincérité qui ressort de cet album nous fait replonger à nouveau. Walk on Water ? On se surprendrait presque à essayer.

On pourrait citer un à un tous les titres de l'album pour en faire l'apologie. On pourrait ressortir tous les clichés du genre. Dire que l'on n'a pas entendu chant aussi habité depuis Funeral. Qu'Everyone All At Once est une sacrée claque. Peut-être même l'album de l'année. Que son écoute est hautement recommandée. Que le groupe est promis à un bel avenir... On pourrait vous dire d'oublier le reste et d'écouter The Rest. On ne le fera pas, Les clichés, c'est mal. Mais on le pense quand même très fort. Auspicious Beginnings?






L'album ne semble pas encore disponible via les circuits traditionnels en France, mais en suivant les liens suivants, vous devriez trouver de quoi vous procurer l'album, légalement et à moindre frais.

Site officiel

The Rest sur Myspace

Un EP en téléchargement gratuit

L'album pour £1.99 chez Rough Trade