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Lorsque l'un des plus grands groupes lives en activité (pas convaincus ? allez immédiatement voir Ashes of American Flags, c'est un ordre) reprend le plus grand songwriter en activité (désolé Bob), ça se passe généralement de commentaires.





Lire aussi : SNY #32 - Broken Arrow

A presque 60 ans, vous avez à peu près fait le tour de la question. La gloire, la chute, la drogue, le retour en grâce, vous avez tout connu. Vous vous êtes déjà fait virer par votre label, ignoré par une génération, adulé par la suivante. Il vous reste encore votre intégrité, mais celle-ci vous avez décidé de la garder. Pas de Superbowl, pas de pub pour Budweiser. Les tabloïds ? Ils vous pensent morts depuis longtemps. Que manque-t-il à votre carrière ?

Un opéra rock bien sûr !


1967. Habitués à être le centre du monde musical depuis la fin de la guerre, les américains n'ont pas trouvé de réponse à la tornade de Liverpool. L'Amérique cherche ses Beatles.

Et s'il s'agissait de Buffalo Springfield ? Si le groupe explosera, miné par les dissensions internes, laissant à CSN&Y la lourde tâche d'être les Fab Four américains, Broken Arrow lorgne clairement du côté du Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band, sorti trois mois plus tôt.


Hommage appuyé ou citation des sources, les cris de fans au début du titre proviennent même d'un concert des Fab Four de 1966.

Comment attaquer un monument ?

Comme le dit si bien J. Crosby d'Aquarium Drunkard en parlant d'un autre monument, tout a déjà été dit sur cet album et cette chanson, par des personnes plus au courant, plus érudites, plus intelligentes, plus vivantes en 1969. Si je tentais d'écrire la moindre analyse objective de ce titre, ce serait pour me rendre compte que quelqu'un a déjà écrit un livre sur le sujet. Et quelqu'un d'autre un livre sur le livre.


Je pourrais essayer d'expliquer pourquoi cette chanson est importante pour moi. Mais même là...

Pourquoi suis-je touché à ce point par un jam de guitare, sans queue ni tête, aux paroles absconses, écrit par un canadien hirsute et une bande de bras cassés ? Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que les premiers accords résonnent, quel que soit le jour, quel que soit l'heure, dix minutes de ma vie disparaissent dans un trou noir ? Ce type, qui a 23 ans, traverse les États-Unis en corbillard, sait déjà qu'il passera sa vie à faire de la musique ou mourra en essayant, choisit ses musiciens pour le feeling plus que pour les compétences et écrit le morceau parfait avec 39 de fièvre, c'est quelqu'un que je ne serai jamais. Tant pis, tant mieux, je ne sais pas. I don't care.

Me demander pourquoi j'aime Cowgirl in the Sand, c'est me demander pourquoi j'aime la musique ou pourquoi des comptables à lunettes écoutent du Death Metal. Ou son âge à une dame. Ça ne se fait pas.

De toute façon, soit vous adorez déjà Cowgirl in the Sand et peu importe ce que je pourrais dire. Soit vous vous en foutez éperdument et toutes mes élucubrations ne servent pas à grand chose. Le seul cas de figure qui m'est favorable serait que vous n'ayez jamais entendu la chanson et que sa délicate mélodie effleure vos oreilles pour la première fois en ces lieux. Ce serait déjà une récompense. Comme le jour de ce cours d'anglais en 2008 où parmi les 15 personnes à qui j'ai réussi à passer les 12 minutes de Cowgirl, 3 m'ont récupéré l'album le soir-même. Mais je m'égare.


Hello Cowgirl in the Sand!

Here I Am With This Old Guitar
Doin' What I Do



Prendre à contrepied. Toujours. Même lorsque la décision est dictée par les circonstances.

1990, 1991 : retour gagnant à l'électricité, avec l'indispensable Ragged Glory, tournée monstrueuse (Weld), murs d'amplis, compilation de feedback (Arc), Sonic Youth. 1994 : Godfather of Grunge, Sleeps With Angels, Cobain & Pearl Jam.

Entre les deux ? 1992, Harvest Moon, retour au folk acoustique, retour à Harvest. Mêmes musiciens (Ben Keith et sa pedal steel), même ambiance. Car entre les deux, le mur d'ampli a un peu trop fait vibrer les oreilles de Neil. Acouphènes et impossibilité de rebrancher Old Black pour un moment et retour au banjo.

From Hank to Hendrix. Jimi, Marylin et Louise, entre nostalgie et pointe d'angoisse. Peur de vieillir, Neil ?




Petit air de ressemblance, non ?

The Birthday Party kick the shit out of Neil Young in Hendrix' garage.

4 australiens. Des guitares cradingues dans des jams sans fin. Le rythme lent d'un dimanche matin gueule de bois. Une voix aviné qui vomit ses lyrics à la face du monde. Havilah, album de fin du monde.





Et si le morceau précédent ne vous a pas convaincu de la juste présence de The Drones ce dimanche :



Veni. Vidi. Vici.


On a souvent dit (moi le premier en me relisant) que l'œuvre de Neil Young était binaire, soit folk, soit électrique. Bullshit. Les plus beaux moments sont entre les deux, On The Beach.

Après une longue série de SNY folk/country/americana, je souhaitais revenir à du gros rock qui tâche. A des potards sur 11, des murs d'amplis et des riffs qui sentent la rouille. Mon médecin m'a conseillé de me reposer, ça attendra la semaine prochaine. Et puis, cette semaine, le choix s'imposait de lui-même.


Évidemment, il y a ce titre. Mais il n'y a pas que ça.
On The Beach c'est un peu le trésor des fans de Neil. Les chances que vous ayez découvert le Loner par cet album son quasi nulles. La probabilité que vous soyez capables de fredonner la mélodie de la moindre chanson de l'album est sans doute encore plus faible. Pas de riffs de guitare incendiaires, pas de refrains évidents, pas de Heart of Gold, pas de Hey Hey My My. Simplement un disque d'une unité impressionnante et d'une cohérence sans faille.

J'avais d'abord écrit que ce disque était d'une noirceur impressionnante. Mais c'est totalement faux. Ce disque est d'une griseur impressionnante. Il est possible de faire beaucoup plus noir. Mais pas plus gris.

Ambulance Blues, à l'image de l'album est une catharsis. Tout y passe : nostalgie des premières heures (Back in the old folky days. The air was magic when we played.), retour sur les erreurs passées (And there ain't nothin' like a friend. Who can tell you you're just pissin' in the wind. (référence à Elliot Roberts et les batailles d'egos de la période CSNY), faits divers (Navajo trial, Mother Goose et l'enlèvement de Patty Hearst). Un peu de politique même (I never knew a man, could tell so many lies, pour Richard). Les paroles de Ambulance Blues mériteraient sans doute une étude de cas à elles seules, mais contiennent peut-être le meilleur couplet jamais écrit par Neil :
I guess I'll call it sickness gone
It's hard to say the meaning of this song.
An ambulance can only go so fast
It's easy to get buried in the past
When you try to make a good thing last.

Arrivé à ce point, je devrais sans doute vous parler de la musique, mais franchement, je ne sais pas trop quoi en dire. A priori, il n'y a rien de franchement remarquable dans Ambulance Blues. Mais on est pas loin du plus beau morceau jamais écrit par le canadien.

Difficile d'expliquer ce qui touche vraiment ici. Impossible de trouver une bonne raison de vous convaincre d'écouter ce disque. Mais si vous m'avez suivi jusque-là, faites-moi confiance et donnez sa chance à ce disque. De préférence un dimanche après-midi pluvieux. Gris.


"Ça y est, cette andouille radote." C'est ce que vient de se dire à l'instant la personne qui suit régulièrement cette rubrique (s'il y en a encore une...).

Oui, j'ai déjà parlé de Nowadays Clancy Can't Even Sing. C'était en juillet. Peut-être étiez-vous en vacances. Tant pis pour le redite, je crois que je n'ai pas assez insisté.

Hier, je devais en être à 70 miles et plus de 6 heures passée sur mon vélo. Je venais de passer une sale dernière demi-heure à démonter mon pédalier pour décoincer ma chaîne. Sous les yeux d'un connard dans sa voiture qui a passé la dite demi-heure à me regarder en souriant. Je suis presque sur qu'il m'a pris en photo avec son téléphone pour pouvoir continuer à se foutre de ma gueule une fois rentré chez lui.
Il me restait grosso modo 25 miles pour rentrer chez moi et mon genou droit commençait vaguement à me tracasser. Bonne nouvelle : ça m'a rappelé que je pouvais encore avoir des sensations. J'avais atteint le point où mes jambes étaient la partie la plus intelligente de mon corps, mon cerveau encore plus débranché qu'à l'accoutumée. Je ne faisais plus franchement attention à la musique qui traversait la masse devenue inutile entre mes oreilles.

Et puis Clancy. Non seulement je me suis arrêté d'avoir mal pendant 4 minutes et 43 secondes, mais je suis aussi mis à chanter à tue-tête des paroles pas franchement écrites pour ça.
The night isn't black,
if you know that it's green.
Don't bother looking,
you're too blind to see
Who's coming on
like he wanted to be.
Arrivé ce moment, mes yeux étaient devenus tout humides. Mais ça, c'était à cause du vent et du brouillard. Enfin, je crois.

J'ai encore perdu un temps fou ce week-end. Alors pour faire court, faisons court.

1:34 pour être précis. La durée de ce drôle de machin qu'est Cripple Creek Ferry. Final étrange mais attachant aux allures d'hymne scout, le morceau reste à ce jour étrangement inachevé. Tout comme ce Sunday Ne

Ce matin, une de mes admiratrices secrètes, qui se plaint que je ne l'appelle pas assez et qui préfère espionner ce que je fais via facebook, twitter et ce blog, m'a fait remarquer que je n'avais pas encore posté mon Neil Young ce dimanche. Ce SNY lui est donc dédié (sans rapport avec le morceau du jour).

Come On Baby's Let's Go Downtown tranche au milieu de Tonight's The Night. Tout en ayant tout a fait sa place sur l'album.

Rock'n'Roll presque enjoué au milieu d'un album noir, enregistré live (en 1970 au Fillmore, 4 ans avant la sortie de l'album) et chanté (fait extrêmement rare) par un autre que Neil, Come On est une anomalie.

Mais en y regardant de plus près, quoi de plus légitime que sa présence ici. Son thème : être un junkie. Son auteur, Danny Ray Whitten, guitariste de Crazy Horse, retrouvé mort le 18 novembre 1972 avec $50 d'héroïne dans les veines. Les $50 donnés par Neil en le mettant à la porte. Un évènement qui imprègne totalement Tonight's The Night, à qui il est dédié. La boucle est bouclée. Let's Roll Another Number.

Le live Crazy Horse at The Fillmore 1970 et ses duels de guitare reste le plus bel exemple de ce que Neil et Danny étaient capables d'accomplir ensemble.


Au fait, Maman, sans rancune...

After the Goldrush est un album bizarre, avec lequel je cultive une étrange relation amour/haine. J'adore une moitié du disque tandis que l'autre m'énerve profondément.
Si vous avez un tant soit peu suivi les 21 premiers épisodes (ou mes aventures sur Twitter), vous aurez sans doute compris que je suis plus Everybody Knows This Is Nowhere que Harvest. Et After the Goldrush atterrit quelque part entre les deux, moitie folk hippie, fleurs dans les cheveux et guitare en bandoulière, moitie rock crasseux, riffs rouillés et décharges d'électricité. Entre marijuana et cocaïne, le cul entre deux chaises.

J'ai ajouté After the Goldrush et Only Love Can Break Your Heart au lecteur ci-dessous pour que vous vous fassiez une idée, mais ces deux chansons m'horripilent. Revivre ce qui se passait dans la tête de Neil Young au moment d'écrire After the Goldrush et son trip paysan baba cool de l'espace doit sans doute être une expérience passionnante... Il est donc peu probable que j'en reparle plus longuement. Oh Lonesome Me et Birds poursuivent dans la même veine cheesy-ramolo, mais avec encore moins d'intérêt. I Believe in You, déjà évoquée ici est, de par son ambivalence, déjà beaucoup plus intéressante.

Et d'un autre côté, vous avez un Southern Man qui n'aurait pas dépareillé sur Everybody Knows Ou encore ce When You Dance I Can Really Love, avec son piano fou. Seul morceau de l'album enregistré par Jack Nitzsche, perpétuellement bourré, anecdote rock d'un album qui ne l'est pas tellement. (Pour l'anecdote, le reste des claviers de l'album sera confié au jeune Nils Lofgren, complet débutant et qui ouvrira ici une liste de collaborations aussi longue que prestigieuse (Ringo Starr, Jerry Lee Lewis et le Boss, pour ne citer qu'eux...). On retiendra la structure du morceau, avec ce démarrage ultra-lent - histoire de rappeler a qui on a affaire - et ces fausses fins, ou le morceau semble s'arrêter avant de repartir de plus belle. Mais surtout ce piano qui semble faire ce qu'il veut en arrière-plan, joue trois notes a contre-temps avant un jam final under influence. La touche de folie qui manque au reste de l'album (a l'exception des paroles de After the Goldrush...) ?

Ce qui est marrant, c'est qu'avec ce titre tout naze, je dois réécouter la chanson a chaque fois pour savoir s'il appartient a la bonne ou a la mauvaise moitié.

Entre ces deux extrêmes, il y a Tell Me Why, dont je comptais parler en entamant cette chronique, mais sur lequel je n'arrive toujours pas a me faire une opinion. Tell Me Why?

Je n'ai qu'une malheureuse réédition vinyle de cet album, sans le grain, sans l'encart. Je n'avais certainement pas 14 ans en 1975. Je suis en retard. Et pas très en verve. Et je vois mal comment je pourrais rajouter quoi que ce soit qui ne soit pas déjà dans cet article.

Borrowed Tune ?

Neil Young - Speakin' Out (by KMS)

Épisodiquement, on en vient à reparler de Kurt Cobain. Pour des raisons plus ou moins stupides (au hasard l'apparition du chanteur dans le prochain Guitar Hero du leader de Nirvana...). L'occasion de ressortir Courtney Love et Krist Novoselic du placard (Dave Grohl ayant été suffisamment malin pour ne pas s'y laisser enfermer). Si à la place, on pouvait ressortir Sleeps With Angels, le monde s'en porterait peut-être mieux. Ou n'irait en tout cas pas plus mal.

On a suffisamment disserté sur le suicide de Cobain, sur la note laissée, sur Hey Hey My My, sur le rôle de Godfather of Grunge. Suffisament pour que je n'ai absolument rien à apporter au sujet. D'autant plus que je suis loin d'être fan de Nirvana. J'apprécie certains morceaux mais n'ai jamais réussi à écouter un album en entier. Aucun album du groupe ne figure dans top 50 des années 90 (à venir un jour). Et j'avais 7 ans en 1994... Finalement que Sleeps With Angels ait été écrit en hommage à Cobain, je m'en tape.

Pour la simple et bonne raison que l'album dépasse ce statut de simple hommage. La noirceur de Tonight's the Night alliée à l'électricité retrouvée d'un Ragged Glory. Il y a le troublant Driveby, l'épique Change Your Mind, le triste Trans Am, le bien nommé Piece of Crap. Et ce Sleeps With Angels. 2:46 de noir intense où Neil tente d'être plus grunge que le grunge. Un morceau incroyablement lent et plombé, qui plus encore que Hey Hey My My, le morceau évoque un ciel d'orage prêt à exploser.

Cher lecteur,


Cette semaine tu auras autre chose que du Neil Young, c'est promis. Mais aujourd'hui, au moins pour moi, il est encore dimanche, c'est l'heure du Neil. Comme ca, comme la semaine dernière, tu pourras profiter d'un très joli morceau en te levant pour aller au travail. Pendant que je serais en train de dormir. Longtemps, puisque ce lundi c'est Labor Day.

Le titre qui nous intéresse aujourd'hui (tu le sais déjà, tu as lu le titre de ce message) c'est I Believe In You. On continue dans l'ordre chronologique pour un moment en suivant ma progression dans les Archives, avec ici l'époque After The Goldrush, annonciatrice de la moisson à venir.

Vu le titre, on pourrait penser a une love-song sirupeuse. C'est aussi ce que pourrait laisser croire le début du morceau. Ce serait mal connaitre Neil, car la suite est autrement plus ambivalente (voire froidement réaliste) :
Now that you made yourself love me
Do you think I can change it in a day?
How can I place you above me?
Am I lying to you when I say
That I believe in you?
Je juge rarement une chanson par ses paroles, en particulier lorsqu'il s'agit du crypto/énigmatique Neil. Mais ce virage inattendu fait assurément partie de mes préférées. "That's the difference between the song and the poem. The song makes you think of the hook and the hook is 'I believe in you', but the rest of it is in a whole other place."


Au cas où vous vous poseriez la question, un certain nombre d'anecdotes, a commencer par la citation ci-dessus sont extrait du livre Journey Through the Past: The Stories Behind the Classic Songs of Neil Young. Que je ne vous conseille pas d'acheter sauf si vous êtes un fan inconsidéré de Neil Young. Je ne voudrais pas que ca vous empêche de lire cette rubrique hebdomadaire. Mais j'espère quand même que vous allez devenir fan inconditionnel de Neil. Après tout si après 19 épisodes vous etes toujours la, c'est qu'il doit quand même y avoir un semblant d'affinités, non ?

Je n'avais pas beaucoup de place dans mes valises. C'est donc à grand regret que j'ai laissé ma discothèque derrière moi. Mais j'ai quand même fait une place pour les archives. J'avance lentement, réécoutant en même temps les albums des périodes concernées, quelques bootlegs qui traînent.

J'ai longtemps attendu avant d'écouter ce CD2, sans raisons particulières. Ou peut-être parce qu'Everybody Knows This Is Nowhere, est un de mes disques favoris, un de ceux que j'emmènerais sur une île déserte si j'avais l'idée saugrenue d'y emménager.

Everybody Knows This Is Nowhere, la chanson, a un défaut majeur. Apparaître sur l'album du même nom. N'importe où ailleurs, la chanson aurait sans doute eu droit à une belle exposition. Mais là, coincé sur le même album que les trois mastodontes Cinnamon Girl, Down By The River et Cowgirl In The Sand, cette Title Track est passé relativement inaperçue, lui valant d'être absente des différentes best-of. Tant pis pour ceux qui s'arrêtent au best-of, car avec avec son rythme country, son refrain marquant, avec cette petite accélération juste avant et les chœurs bancaux de Danny Whitten, ce titre fait partie de mes préférés.

Pour réparer l'injustice, les Archives incluent un certain nombre de versions de la chanson, notamment celle prévue à l'origine pour l'album Neil Young, bien différente de celle finalement enregistrée. Avec notamment un solo de flûte étonnant. Jugez plutôt. Ou cette version live, véritable duo Young/Whitten, peu avant la disparition de ce dernier :


PS : Chez moi, il est toujours dimanche
PS2 : Ce billet aurait pu être le théâtre d'une démonstration de mauvais emplois de l'adjectif éponyme. Ce n'est pas le cas, merci UlrichStakov.


En théorie, Neil est toujours canadien. En pratique, il a passé plus des 2/3 de ses soixantes et quelques années aux USA. En Californie, en particulier. D'abord du côté de Los Angeles, puis un peu plus au nord, dans le sud de la baie de San Francisco. De là à dire qu'il est plus californien que canadien, il n'y a qu'un pas. Que Neil n'a jamais franchi puisqu'il n'a pas la nationalité américaine.

Le morceau qui nous intéresse aujourd'hui est loin de faire partie de mes préférés. Loin des meilleurs aussi. Excessivement country et mou du genou. Mais disons qu'il colle plutôt bien au moment. En plus, j'ai cette photo de ma première rencontre avec le Golden Gate, il y a quasiment un an jour par jour pour illustrer ce billet. Une promenade plutôt aléatoire pour notre premier jour dans les rues de San Francisco nous avait amenés à la Coit Tower. Juste à temps pour admirer un coucher de soleil tout à fait californien.

Je suis à la montagne. Comme Neil Young en 1964.


Sugar Mountain est l'une de ses premières chansons, composé à 19 ans. Il faudra attendre 1968 pour la retrouver, joué live à Canterbury House (le live du même nom n'est paru que l'année dernière), du côté d'Ann Arbor et 1977 pour la retrouver sur disque, sur la compilation Decades.

Concernant les paroles, c'est encore Neil qui en parle le mieux (ici dans un bootleg de 1972) :
"I wrote 126 verses to it. Now, you can imagine that I had a lot of trouble figuring out what four verses to use... I was underneath the stairs... Anyway, this verse that I wrote... It was the worst verse of the 126 that I wrote. So, I decided to put it in the song, to just to give everybody a frame of reference as to, you know, what can happen. What I'm trying to say here, by stopping in the middle of the song, and explaining this to you, is that... I think it's one of the lamest verses I ever wrote. And it takes a lotta nerve for me to get up here and sing it in front of you people. But, if when I'm finished singing, you sing the chorus 'Sugar Mountain' super loud, I'll just forget about it right away and we can continue."